Ma Coupe du monde 98 avec Gil Alma : « Au deuxième but je me dis ça y est, c’est parti, on est invincible ! »

Récemment vu dans la série policière de France 2 « Maman a tort », ainsi que dans « Nos Chers Voisins » sur TF1, Gil Alma fait partie de ceux qui ont vécu en direct la finale de la Coupe du Monde 1998 France-Brésil. A l’occasion des vingt ans de la victoire de l’Équipe de France en finale de la Coupe du Monde 1998, l’humoriste et acteur Gil Alma se remémore cet incroyable événement. L’occasion de rouvrir la boîte à souvenirs.

Tout d’abord, comment avez-vous vécu cette folle soirée du 12 juillet 1998 ?

Alors le 12 juillet 1998, j’étais à l’hippodrome de Vincennes. Ils avaient installé un grand écran, qui sert pour les chevaux habituellement. On était très très très nombreux. Il y avait une très belle ambiance. J’ai vécu cela magnifiquement. On a remonté tous, enfin pas tous, beaucoup beaucoup on est remonté à Paris faire la fête. C’était un grand grand moment.

Vivre un tel événement, en direct, doit être intense en émotion. Quel souvenir en gardez-vous ?

Effectivement. Moi ce dont je me souviens c’est la fête, tout le monde était uni. C’était un peu comme à la Libération, tout le monde se serre les coudes, tout le monde est heureux. Tout le monde faisait la fête ensemble. C’était très intense.

Lors de cette finale, pouvez-vous nous décrire l’action qui vous a le plus marqué ?

L’action qui m’a le plus marqué c’est le premier but. On se dit « wouah ! Ok on est bien parti ». Et puis c’est monté crescendo. Le premier ou le dernier je sais pas c’est un peu compliqué à dire. Mais le premier c’est quand même une délivrance. C’est quand même un avantage. Le premier but on est déjà champion du monde à 1-0. Même les deux suivant n’étaient pas nécessaires. Voilà c’était le premier but.

Lorsque Zinedine Zidane ouvre le score, que se passe-t-il à ce moment-là dans votre tête ? Craigniez-vous que les brésiliens reviennent au score ?

Grosse grosse joie pour moi. Je pense que c’est le moment qui libère. Même s’il reste du temps bien sûr. Mais qui nous libère et qui nous dit qu’on est très très bien parti. Après effectivement, on peut se poser la question de savoir si les brésiliens reviennent. Mais vu la physionomie du match, on se rend très vite compte qu’on est tout simplement en train de les déglinguer. Donc je n’ai pas eu l’impression qu’on ait eu trop de stress. Parce que les mecs étaient un peu inexistants en face. Ils sont passés un peu à côté de leur match. Les français étaient sur un petit nuage ce soir-là.

A partir de quel moment dans le match vous dites : « C’est bon on va devenir champion du monde ! » ?

Je pense que si on regardait le match de nouveau, on pourrait se dire objectivement qu’on était vraiment très très supérieur. Après, un match de foot c’est toujours compliqué : une contre-attaque, un truc. Mais on était vraiment supérieur. Donc à partir de quel moment je ne sais plus exactement parce que ça remonte quand même les amis, mais je pense qu’au deuxième but, vu la physionomie du match, là on commence à se dire : « on est en train de les pourrir les mecs ». Donc au deuxième but je me dis ça y est c’est parti, on est invincible !

Avez-vous regardé tous les matchs des Bleus ou avez-vous commencé à les suivre plus tard dans la compétition ?

Non j’ai regardé dès le début, c’était notre Coupe du Monde. Je m’intéressais, j’avais vingt piges, et puis j’avais des potes footeux avec moi.

Sentiez-vous dès le début du Mondial que la France était capable de réaliser quelque chose de grand ?

Eh bien non. Aimé Jacquet était très très critiqué pour ses choix. Si je me souviens bien ce n’était pas fabuleux au départ. On a démarré plus tard, en faisant les phases finales. Ce qui n’est pas plus mal d’ailleurs. Donc c’était un peu laborieux au départ. Même moi je me souviens d’avoir critiquer Aimé Jacquet. Tout le monde critiquait Aimé Jacquet. Déjà arriver en phase finale c’était bien. Et puis je me souviens qu’à chaque match c’était une remise en question. Et chaque fois on se disait : « wouah ça va être chaud quand même ». Donc non, enfin moi perso je n’y croyais pas au départ.

Durant ce mondial, quel joueur français vous a le plus marqué, et pourquoi ?

Je pense que tout le monde va répondre la même chose, c’était Zizou voilà. C’était sa coupe du monde, c’était lui. Le mec était au-dessus. C’est lui qui était le métronome de l’équipe. Et puis on voit là la carrière qu’il fait, c’est un truc de ouf ce mec ! Moi je pense que s’il se présente aux élections présidentielles, je pense qu’il passe quoi. C’est vraiment exceptionnel ce mec.

Pour les plus jeunes qui n’ont pas vécu France 98, pouvez-vous nous décrire cet esprit black-blanc-beur qui s’est emparé de la France à ce moment-là ?

Moi je suis né à Montreuil dans le 93. J’habitais à Fontenay-sous-Bois et j’avais des potes qui habitaient à Bagnolet. Je traînais à Bagnolet. Tous mes potes étaient d’origine différente. Pour moi ce n’était pas nouveau la mixité. Ma femme est d’origine sénégalaise. Je n’ai jamais eu de soucis avec ça. Alors effectivement ça a peut-être été nouveau pour certains, peut-être dans les campagnes, de voir des mecs en Équipe de France noirs rebeu et ainsi de suite. Mais effectivement c’est bien, c’était une belle image. Peut-être que ça a fait parler à l’époque mais moi j’étais né là-dedans. Mais si ça a pu réconforter quelques-uns, tant mieux.

La dernière fois que vous avez vibré devant un match de foot, c’était lequel ?

A vrai dire je ne suis pas très très foot. Enfin j’ai lâché un peu le morceau. La dernière fois que j’ai vibré devant un match de foot c’était un match de rugby, c’était la Finale du Top 14 (Rire). Non je rigole. Je suis plus rugby. J’ai fait huit ans de rugby. Mais devant un match de foot, la dernière fois que j’ai vibré, c’est la Coupe d’Europe derrière qu’on gagne aussi. La dernière fois où j’ai vibré sinon c’est quand Zizou a mis le coup de tête à notre petit italien.

Qu’est-ce que vous aimez le plus dans le foot ?

Alors sans hésiter, ce que j’aime le plus dans le foot, c’est le jeu des comédiens. Je trouve que les mecs sont très très fort. Ils jouent très très bien la comédie. Je pense qu’on devrait faire des Masterclass de simulation. Je ne ferai pas mieux, et pourtant c’est mon métier. Chapeau les mecs. Ça crie, ça saute en l’air, non non c’est du professionnalisme. C’est pro c’est net, c’est précis. C’est du vrai jeu d’acteur, ça ne triche pas dans le jeu. C’est de l’actors-studio, bravo.

Monter sur scène demande de l’énergie et une certaine endurance. Et une bonne cohésion d’équipe entre les différentes personnes qui interviennent sur votre spectacle (régisseur, metteur en scène, etc). Ainsi, y voyez-vous des similitudes entre le seul en scène et le sport et plus particulièrement le foot ?

C’est quand même difficile de trouver des similitudes. Moi je suis effectivement seul sur scène. Après, j’ai mon régisseur et puis basta. Donc on est que deux. Alors effectivement, quoi qu’il arrive, quand on travail, que ce soit du théâtre ou peu importe, c’est un esprit d’équipe qu’il faut avoir. Moi je suis aussi mon patron, donc c’est d’autant plus important d’être juste. Et puis d’être avec les autres, d’être avec l’humain. Donc ça c’est hyper important aussi pour le foot. Donc voilà, être dans l’humain, être dans la cohésion. Moi j’ai fait plus de rugby, mais c’est primordial de se serrer les coudes quand on est sur le terrain. Et quand on est aussi au boulot. C’est ce qui fait qu’une entreprise marche ou pas aussi. Au-delà du one-man-show, bien sûr je pense que c’est important d’avoir une belle cohésion avec ses employés et avec les gens avec qui on travail.

Enfin, quel est votre pronostic pour l’Équipe de France dans cette Coupe du Monde ?

Alors franchement je n’ai pas suivi de fou, parce que je travaille énormément. Alors je vais faire des petites blagues sur Rire et Chanson sur le foot. Donc je vais être obligé de m’y coller un peu. Mais j’ai l’impression d’avoir une belle belle équipe, avec des gros gros joueurs. Griezmann, Pogba, on a plein plein plein de gros joueurs. Ça sera la cohésion qui fera la différence ou pas, c’est ce qui s’est passé en 98. Donc si on est ensemble, on peut aller loin je pense.

Propos recueillis par Alexandre HOMAR

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