Rencontre avec Elina Giallurachis : « Ce titre est sorti au bon moment. Mon travail a payé.»

Photo en Une de Maxjs7 / ryanxallek délivrée par l’athlète.

La jeune perchiste française Elina Giallurachis vient de décrocher, en février dernier, le titre de championne de France Elite de saut à la perche en salle. Un titre obtenu après avoir franchi une barre à 4,41 mètres ! Tout du long de cet entretien, Elina Giallurachis revient sur son titre. Et sur ce qui jalonne son quotidien d’athlète de haut niveau. A tout juste dix-neuf ans, Elina Giallurachis n’a pas fini d’impressionner. Rencontre.

Tout d’abord, à quel âge avez-vous commencé l’athlétisme ?

J’ai commencé l’athlétisme lorsque j’étais en 3eme. 

Pourquoi vous êtes-vous dirigée vers le saut à la perche ? Qu’est-ce qui vous a attiré dans cette discipline ?

J’avais fait de la gym à haut niveau avant. Souvent on dit que les gymnastes sont bonnes en saut à la perche après. Mon père connaissait aussi un peu l’entraîneur de saut à la perche. Il m’a dit d’essayer et c’est comme ça que j’ai commencé. 

A partir de quel moment avez-vous compris que vous aviez le niveau pour atteindre le haut niveau ?

Il n’y a pas vraiment de moment où j’ai compris que j’avais le niveau. Ça s’est fait au fur et à mesure.

J’avais l’habitude de m’entraîner tous les jours avant. Ça s’est fait naturellement. 

Vous avez 19 ans, et déjà, vous commencez à vous faire un nom au sein de votre discipline.  En atteste le titre de Championne de France Elite de saut à la perche en salle que vous venez de décrocher le 20 février dernier. Un titre obtenu après avoir franchi la barre des 4 mètres 41 ! Tout d’abord, que ressentez-vous après ce titre de Championne de France ? 

Je suis très contente, forcément. J’étais heureuse.

Et puis ça fait plaisir. Parce que je savais que j’étais en train de progresser. Ce titre est sorti au bon moment. Mon travail a payé. 

Dans quelle condition aviez-vous abordé ces championnats de France en salle ? Quel objectif vous étiez-vous fixée ?

J’étais arrivée deuxième au bilan. Donc déjà je ne voulais pas faire moins que deuxième. Et puis forcément, sur une compétition on veut aller chercher le titre.  

L’approche d’un concours de saut à la perche en extérieur est-elle différente d’un concours de saut à la perche en intérieur ? 

Au niveau de l’approche en compétition, pas forcément. Après en extérieure, on peut avoir moins de chances à cause des conditions météorologiques.  

Juste avant de vous élancer, que se passe-t-il dans votre tête ? 

Je fais de la visualisation.

Et surtout, je pense aux consignes de l’entraîneur juste avant de m’élancer. 

4 mètres 41, un chiffre qui donne le vertige ! Vous saviez-vous capable de réaliser une telle performance ? Ou au contraire, vous vous êtes étonnée vous-même ? 

Je n’étais pas tant étonnée que ça parce qu’à l’entraînement ça se passait vraiment bien. J’arrivais à passer quasiment mon ancien record à l’entraînement. 

Ces 4,41 mètres ne sortaient pas de nulle part non plus. 

Au moment où vous êtes dans les airs, et que vous vous retrouvez face à la barre, comment mettez-vous en pratique toute la technique que vous possédez et que vous avez accumulé au cours de vos entraînement, pour ne pas toucher la barre ? 

Ça vient naturellement avec la répétition du geste. Après moi, je n’ai pas encore toute l’expérience qui me permet d’esquiver les barres. Mais ça vient au fur et à mesure avec l’entraînement. 

J’imagine que ce titre de Championne de France Elite est une grande motivation pour la suite…

Forcément c’est motivant, parce qu’on s’entraîne tous les jours. Et à un moment donné ça finit par payer, ça se concrétise. Et ça donne encore plus envie d’aller encore plus haut. 

Dans quels domaines avez-vous l’impression de pouvoir encore progresser ?

J’ai l’impression de pouvoir encore progresser sur la course d’élan surtout. Arriver à engranger de la vitesse et mettre davantage d’engagement sur les dernières foulées. 

Quels sont vos principales qualités en tant que perchiste ?

Mes principales qualités concernent les repères dans l’espace que je tiens de la gym.

Ensuite, une autre qualité est que j’aime m’entraîner. 

Quelles sont les principales difficultés que l’on peut rencontrer en compétition lorsqu’on pratique le saut à la perche ?

Une des difficultés est le vent. Et surtout, c’est un sport qui est aléatoire. Parfois, à pas grand-chose, on peut louper la barre. Premier essaie on loupe. Deuxième essaie on essaie de faire des réglages, on loupe encore. Arrive le troisième, il y a encore plus de pression et ça ne passe pas à nouveau. Donc les zéros peuvent aussi vite arriver.  

L’esprit de compétition a-t-il toujours été en vous, ou vous l’a-t-on inculqué plus tard ?

J’ai cet esprit de compétition en moi. D’abord de par ma famille qui est sportive. 

Et j’ai toujours eu en moi cette volonté de vouloir toujours aller plus haut, plus loin et plus fort (Rires) ! 

Vous vous entraînez au club du SCO Marseille. Tout d’abord, depuis combien de temps êtes-vous au sein de ce club ? Et quel regard portez-vous sur cette structure ?

Ça a toujours été mon club. C’est un club qui m’a toujours poussée, toujours accompagnée. Pour moi, c’est un club qui me va très bien. 

Vous devez également beaucoup à votre entraîneur Philippe d’Encausse. Que vous apporte il sur le plan personnel et sportif ?

Je suis arrivé cette année à Clermont-Ferrand. Avant j’étais avec Gilbert Keller à Marseille qui m’a formée à la perche et qui m’a donné goût à la discipline. 

Quant à Philippe, il a l’habitude d’avoir des sportifs de haut niveau. Il en a toujours eu. Il a Renaud Lavillenie notamment. Il a l’habitude d’avoir des sportifs de haut niveau, il sait comment ça se passe.

Il sait les détails techniques à avoir. Il sait que sa recette elle marche, donc il l’applique. Et après ce n’est que des petits détails que l’on rajoute. 

Au saut à la perche, la foulée a j’imagine un grand rôle dans la réussite d’un perchiste. En quoi justement la foulée est importante ? Comment travaillez-vous votre foulée à l’entraînement ? 

Déjà la foulée est importante parce que c’est ce qui va nous donner de la vitesse. Le saut à la perche, c’est de la physique. La vitesse qu’on va mettre dans la perche va nous propulser vers le haut. Pour la travailler, il y a beaucoup d’exercices de pieds, de bondissements. Il y aussi des exercices avec des lattes. En fait, on travaille toute la technique de course. 

Dans une carrière de sportive de haut niveau, le mental joue aussi beaucoup. Comment arrivez-vous à gérer votre stress avant le début d’une compétition ? 

Moi, j’ai une préparatrice mentale qui m’aide beaucoup. Avec elle, on met en pratique par exemple des techniques de respiration.

Et puis avant une compétition, on est toujours un peu stressé. C’est justement sur ça qu’on va essayer de chercher avec elle une recette qui marche. C’est vraiment ce qu’on recherche avec la préparatrice mentale. 

Aujourd’hui, le Covid-19 frappe de plein fouet le monde entier. Comment cela influe-t-il sur vos entraînements d’abord ? Qu’est-ce qui a changé par rapport à avant ?

Alors nous, on est chanceux parce qu’on peut s’entraîner.

Cela a influencé forcément au niveau des compétitions. Dans le sens où déjà, il n’y a pas de spectateurs.

Il faut faire des tests Covid avant chaque compétition. Mais bon, s’il faut pouvoir faire des tests pour pouvoir s’entraîner, on les fait volontiers. 

Le public vous manque ? 

Oui ! Déjà par exemple mes parents, qui ne peuvent pas forcément tout le temps venir me voir. Ils n’ont pu venir qu’une seule fois. Ça, ça change énormément.

Et puis après, les compétitions, c’est quand même un point de rencontre, où l’on voit du monde.

Les personnes sont très importantes et ça manque. 

En parallèle de votre carrière de perchiste, vous faites Polytech à Clermont-Ferrand. Comment arrivez-vous à combiner sport de haut niveau et études ? 

J’ai des horaires aménagés qui me permettent de m’entraîner et de suivre les cours en même temps. C’est vraiment un projet qui se construit et avec l’école et avec l’entraînement. Chacun s’adapte à l’un et à l’autre.

Et puis après, comme tout, il faut travailler. 

Quels sont vos prochains grands objectifs ? 

Il y a les Championnats d’Europe Espoir cet été où j’aimerai bien faire un podium. C’est le principal objectif. Il y aussi les Championnat Méditerranéens. Et puis après, sur le plus long terme bien-sûr, les Jeux Olympiques en 2024 à Paris. 

Propos recueillis par Alexandre HOMAR.

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